Compte rendu de la 1ère réunion de la "commission Remparts Vauban"
- 13 juin 2022
- 11 min de lecture
Dernière mise à jour : 30 juin 2022
La commission 'Vauban' s’est réunie le 11 juin 2022
Commission “Remparts Vauban” : regroupe les membres impliqués par l’environnement des remparts Vauban, concernant tant leur valorisation pour en améliorer le cadre et l’accueil des visiteurs que les réponses à apporter aux incivilités régulières qui y sont constatées. Les échanges et propositions concernent la zone des remparts incluant les espaces de jeux et verts du parc et de l’étang.

Cette première période a permis d’échanger sur l’évolution des remparts, du parc et de l’étang, la mémoire des études d’aménagement effectuées. Le constat des belles évolutions et des marges de progrès a été fait, mais aussi les récurrentes incivilités que chacun sait être avant tout une question d’éducation des familles. Nous soutenons les services communaux premiers à en pâtir. Il a été décidé d'évoluer le long du rempart en poursuivant les échanges
Les remparts, un lieu chargé d’histoire en écho à celle de notre cité, un rayonnement culturel à exploiter où les touristes viennent naturellement mais ont été aussi observés quand ils font demi-tour, rebutés par son environnement d’accueil qui semble en décalage avec leurs attentes. Et pourtant…

Un lieu inspirant et romantique, raison qui a poussée l'artiste Sarkis à poser son œuvre "Le Rêve" tant photographiée. Caspar David Friedrich lui-même aurait pu y poser une de ses toiles. Un lieu invitant à la promenade, à flâner en famille un jour peut-être, poser son tapis de piquenique entre amis, qui pourrait amener à la promenade bucolique, où les jeunes couples aiment encore se retrouver, les étudiants y étudier à l’ombre des marronniers. Un lieu que les touristes aimeraient s'approprier, jeunes et moins jeunes pourraient plus y flâner tant la beauté de ce lieu, de son allée de platanes ne demande qu’à être valorisée.
Des atouts, de par sa nature même attractive, un trait d’union entre le Saint Empire Germanique moyenâgeux, notre entrée dans la France du siècle des lumières où de grandes casernes y ont été bâtis pour loger son infanterie et cavalerie, préliminaire à l'empire et l'épopée industrielle pour s'envoler vers le 21ème siècle et son avenir qui sera construit par les petits enfants qui jouent dans le parc, le collège et le lycée préparant les futurs citoyens de notre ville.

Sur les remparts, ce mélange se dévoile par la majesté du Château du Haut-Koenigsbourg qui attire de suite notre regard, les façades alsaciennes de la rue d'Iéna avec la Tour Neuve qui s’échappe au-dessus des toits, l’héritage industriel de notre ville, de la friche industrielle du Sud avec de belles ambitions communales, l’étang et son passé de canotage des années 50/60, le château d’eau des temps industriels de l’Empire allemand. Tout cela en un seul lieu, ici, au sommet de nos remparts.

En flânant sur les remparts, on y découvre le cubisme de l'œuvre d'un disciple de Vauban qui bien avant Picasso serpentaient déjà et séparent encore notre ville des espaces ouverts et lieux d’activités sportives des terrains de tennis ocres et de la piscine, ancien espace inondable. Ce qui a d'ailleurs sauvé cette partie des remparts détruits ailleurs par l'empire germanique en 1874, par son utilité : éviter à la cité d'être inondée par cet endroit.
La réalité est aussi le constat d’un lieu dont on semble encore devoir en découvrir ou plutôt redécouvrir tout le potentiel. Par endroit l’abandon a pris place et le découragement a cédé aux incivilités récurrentes et destructrices de certains groupes peu civiques les squattant.

Négligés par certains aspects, rebutant par les détritus et déchets semés par ces groupes, laissés aux divagations nocturnes et au mieux (moins pire ?) alcoolisées. D'anciennes traces historiques de mobiliers urbains témoignent encore d'une époque où on a essayé de faire quelque chose, mais l'incivilité a gagné la bataille des différentes tentatives passées.
Pourtant on devine l'envie de certains visiteurs de jeter leur détritus dans des poubelles. Les réflexes sont encore là comme en témoigne cette photo qui souligne cet étrange état de visiteurs qui jettent leurs déchets certes par terre, mais à l'emplacement d'une ancienne poubelle. Il ne manquait donc que celle-ci pour que ces visiteurs restent civiques. Gardons alors espoir de pouvoir changer les choses ! A été aussi rappelé le travail de la police, bien présente et réactive, ayant intervenu encore récemment permettant de chasser les tentatives de lieu de deal le soir.
A ce titre la commission s’est penchée sur ce lieu et a réfléchi à des propositions simples pour aménager cet espace et lui redonner toute son attractivité.
Les échanges riches ont permis de mettre bien des propositions sur la table qui se sont tournées essentiellement sur 2 axes :
améliorer son attractivité et accessibilité au regard du potentiel dans la vie de la cité, dans son histoire et sa culture
ce que nous, en tant qu'habitants, nous pouvons faire
Améliorer son accessibilité :

Deux entrées permettent d’y accéder principalement une située à l’entrée Ouest au niveau de la rue d'Iéna, et une à l’entrée Est sur la gauche de la société de gymnastique de la ville de Sélestat.

L’entrée Est reste la plus proche du parking Vauban, parking où touristes de passage laissent leur voiture. C’est souvent par le parking Vauban que les touristes cherchent l’accès aux remparts
Une barrière métallique en empêche l’accès aux voitures mais laisse passer les scooters et autres motos qui s’y installent de temps à autres les soirs selon les groupes présents. L'état du panneau en précisant l'interdiction symbolise bien ce que ces groupes pensent de ce rappel.
C’est aussi l'accès secondaire des personnes cherchant un lieu pour uriner ou déféquer derrière les ateliers même si aux remparts côté stade de foot, des traces de déjections humaines et mouchoirs en papier témoignent aussi de ce genre de pratique en ce lieu.

En temps de pluie, l’eau ruisselle sur la route, on y devine une gouttière créée naturellement à côté d’ornière maintenue par le passage d’engins à deux roues motorisés.

Le 1er accès pour déféquer et uriner se trouve entre les deux bâtiments des ateliers de la police municipale et de la croix rouge. On y observe même des 'habitués' y pénétrant en voiture, en sortir, exprimer leur besoin physiologique, y retourner pour se garer ensuite au parking ou rouler plus loin. Des familles avec enfants habitant les lieux se voient obligées d'assister à ce triste spectacle tant, des fois, ces personnes ne se cachent guère derrière les bâtiments. Cet aspect reste rebutant pour les touristes étrangers qui culturellement parlant, ne conçoivent même pas ce genre d'attitude possible ni dans l'acte de le faire, ni dans celui de laisser faire.


L’autre entrée en escalier serait sans doute la plus officielle du fait des marches mises en place. Dans les faits c’est la moins employée par les touristes mais reste très usitée par les habitants de proximité.
Cette entrée semble négligée, les espaces verts laissés à leur état le plus brut. On peut y penser une volonté de permettre la pollinisation par les abeilles par exemple. Le maintien d’un certain écosystème salutaire dans nos villes est dans le courant actuel. Cependant l'herbe gagne les

interstices des dalles du mur ou de l'escalier lui-même. Certaines pierres s’en retrouvent ainsi délogées. Le maintien en état serait peut-être nécessaire d’une manière plus régulière, si ce n'est sur les bords des chemins et murs.
Des membres témoignent d’un fauchage ponctuel réalisé, avec des panneaux prévenant le voisinage quelques jours avant pour demander aux riverains d'enlever les voitures. Quand les travaux se font, les voitures restées sont contournées par les engins. Mais des risques de projections dues au fauchage pouvant endommager ces véhicules restent possibles.

Les lieux d’entrée dans leur état actuel paraissent négligés et certains touristes hésitent à y accéder. En effet sur les murailles eux même se retrouve l’étape 16 du parcours des arbres remarquables que la ville de Sélestat a mis en place.
L’état de sa borne comme nous pouvons le constater sur la photo symbolise d’une certaine manière la situation de nos remparts. Etrange oxymore : on le valorise et en même temps on le néglige. L'emplacement de cette étape est bien entendu extrêmement pertinent tant l’alignement des marronniers est remarquable et participe à la perspective et ligne géométrique des lieux.
Cela souligne aussi que nous avons là, dans la ville de Sélestat, un lieu prestigieux que les services du tourisme souhaitent valoriser, tout comme les habitants. Ce pourrait être un très beau lieu de

promenade avec fleurissement comme les belles rivières de fleurs aménagées dans le parc et que tous avaient appréciées au printemps dernier.
Les groupes de touristes en visite guidée ne peuvent que constater également ces incivilités.
Et pourtant ce lieu, par sa fraîcheur dans les grandes chaleurs, attire en journée les visites, les flâneries, les amoureux, les étudiants révisant leurs examens... La propreté passe aussi par une partie des propriétaires de chien qui ne ramassent pas les déjections canines. ce phénomène présent dans le parc et le lac de canotage est accentué sur les remparts. Et pourtant la commune a placé des sacs de ramassage un peu partout. Là n'est à nouveau hélas qu'un problème de civilité, et pas celle de nos plus jeunes, à fortiori accentué sur les espaces de jeux...


Dans les faits, l'espace combiné Remparts Vauban, parc Vauban, lac de canotage forme un tout. Cette cohérence a d'ailleurs était au cœur dans leurs créations (voir l'histoire du parc ci-dessous). Cela pourrait redevenir notre Orangerie d'Alsace centrale, dans une vision plus globale où le civisme et les services de propreté et espace vert combinés avec l'implication des habitants concernés permettrait de gagner la bataille contre l'incivisme. Une sorte de cercle vertueux où les faisceaux nécessaires pour le dynamiser seraient tous au vert.

Mais un cercle vertueux qu'il est nécessaire de provoquer.
Parc : tout d'abord, un peu d'histoire
Difficile d'imaginer ce qu'était le parc dans les années 50/60 quand on le voit maintenant et surtout comprendre comment les conseils municipaux successifs l'aient laissé ainsi dépérir. On en rêverait même quand on découvre la photo ci-dessous. Dans son histoire, le lieu a connu ses heures de gloire puis est tombé en désuétude après 1965 selon un article des DNA retrouvé (voir l’historique et photos ci-dessous). Les DNA du 17 juillet 2012 y consacre un article.

On découvre aussi, que sa revalorisation s’est faite récemment sous l’ère justement de notre maire actuel Marcel Bauer. Des membres de notre commission ayant la mémoire du lieu complètent l'article en précisant que Gilbert Estève, maire de Sélestat entre 1989 et 1996 , très impliqué dans la culture en héritage et parti trop vite suite à son décès à 48 ans, a aussi laissé également son empreinte dans la rénovation des lieux.
Y était située la première piscine de dimension olympique en Alsace démolie en 2006, inaugurée en 1957 en présence de plus de 10 000 personnes et du ballet nautique Neptun Club de Paris spécialement venu pour l'occasion.
D'après l’article des DNA ce serait les politiques municipales successives après les années 1965 qui auraient conduit un déclin progressif de ce qui était un réel parc de l’orangerie du centre de l’Alsace à l'image de celui de Strasbourg.

La rénovation du parc et son aménagement récent a apporté à nouveau un lieu où nos familles et promeneurs divers aiment pérégriner.
Le succès des espaces de jeux est indéniable, voire même amène déjà une certaine congestion à certaines heures face au nombre d'enfants utilisateurs. Les riverains peuvent voir les familles faire vivre ce lieu et venir régulièrement de toute la ville à pied, en vélo et en voiture pour en profiter. C'est aussi cela qui amène les situations dangereuses décrites durant la foire où ces familles sont obligée le long de la foire de quitter le trottoir et la piste cyclable pour s'engager sur la route passante avec leurs poussettes, petits enfants à la main ou en vélo. à cause des voitures mal garées.

Le parc étant ouvert toute la nuit, c'est aussi un lieu de rassemblement de groupes de jeunes à partir d'une certaine heure. Une minorité y accède en moto et scooter. A déjà été observé tout récemment une dizaine de jeunes adultes employant les jeux des petits enfants à 1h00 du matin avec voiture à l’intérieur. le jeu était d'être capable au plus grand nombre d'adultes de rester sur les balançoires récemment installées. C'est essentiellement ces groupes qui laissent également leur détritus au sol des aires de jeu que l'on ne peut que constater les bras ballant le lendemain matin. L’accès en scooter ou voiture sans permis a été observé de manière plus sporadique pendant les heures de journées.
Le changement climatique et l'accentuation des périodes de chaleur rendent les espaces ombragés encore plus précieux, malheureusement absents des aires de jeux. De sorte que sous les chaleurs de l'été, et ce même pendant les vacances, le parc est vidé. Nous ne doutons pas qu'une réflexion en ce sens est menée par les services concernés pour trouver des solutions. Nous serions très heureux d'y participer tout en comprenant que la décision est communale.
Le lac de canotage

Le lac de canotage avec ses barques et le restaurant Le Lido (brûlé en 1988) étaient un lieu à la mode dans les années 60.
C'était même le lieu le plus attractif du Centre-Alsace selon les DNA.
Le site s’inscrivait comme un véritable lieu de détente de proximité. Les habitants des environs et même les touristes y découvraient ensemble les joies du farniente.
On y trouvait également un kiosque à musique régulièrement utilisé pour des concerts.

Actuellement l'histoire glorieuse du lac bien qu'inscrite dans le patrimoine de Sélestat est ignorée par la plupart des visiteurs. Des panneaux très instructifs réalisés en coopération avec des élèves des établissements voisins le rappellent. Son environnement, incluant le parc et la nouvelle piscine, a connu des améliorations récentes.


Un tour sur la passerelle de bois permet dans les soirées ensoleillées de prendre de belles photos dans le reflet du Haut-Koenigsbourg et des jets d'eau. Certaines planches trop usées sont remplacées d'autres sans doute le seront par la suite. La qualité de l'eau au visuel et à l'odeur freine toute envie de s'y baigner. Par contre la faune composée de ragondins, canards et autres volatiles jusqu'à des hérons tôt le matin participent à construire ce sentiment d'apaisement qui est bien présent.

Ce lieu, comme d’une certaine manière le parc et les remparts, souffre de l'incivilité de certains propriétaires de chiens. Pourtant la commune a installé des dispositifs de distribution de sacs de chien en ceinturant très bien tous ces espaces. Ces crottes de chiens sont encore plus inacceptables autour des aires de jeux de nos enfants. Nous comprenons bien qu'il s'agit d'une minorité de propriétaires de chiens qui laissent ainsi les déjections canines derrière eux.
La commission qui incluent des propriétaires de chiens souhaite pour ces détenteurs peu civiques d’instaurer une amende dissuasive en cas de non ramassage de déjection canine. La verbalisation devrait aussi intervenir pour les déchets au sol.
Propositions :

- rendre inaccessible aux véhicules l’entrée principale de défécation et miction par une barrière et développer une signalétique d’interdiction d’uriner ou de déféquer à cet endroit en rappelant les lieux des toilettes publiques de Sélestat

- avoir des caméras découragent ces petites et plus grandes incivilités régulièrement constatées aux remparts
- indication claire de l’accès aux remparts pour les touristes à partir du parking
- aménagement des accès de ce lieu voire même pour les personnes handicapées, développer et maintenir ce lieu propice aux promenades et découverte (gestion régulière des espaces verts et salubrités publique)
- mettre en place des compléments d'arceaux pour attacher les vélos comme ceux de la piscine
- reprise en main de ces lieux et bataille contre chaque incivilité et leurs auteurs
- développement l’équipement mobilier (poubelles, bancs, tables , pouvant être en béton pour empêcher les tentatives de destruction… )
- réfléchir et améliorer l'environnement du rempart qu'il refasse partie des lieux favoris de promenade de notre cité

- inclure notre association à toute réflexion d’aménagement du lieu autant en tant qu’usagers principaux, que premières personnes pouvant enclancher un devoir citoyen de vigilance à l'image de l'action réalisée dans d'autres communes, mais aussi parce que ce lieu a un impact sur la qualité de notre environnement de vie
- réfléchir à des animations autour et valorisant les remparts ou les inclure dans celles conduites lors des événements animant la ville, une chasse aux œufs y est déjà pensée pour nos enfants du quartier par la commission de convivialité, l’idée d’y faire une journée paître des animaux comme des ânes, chevaux a été suggérée
- participer à la diffusion de la communication des services de voiries et espace vert quand des travaux ou entretien sont réalisés. Appeler à du bénévolat pour aider.
- le fauchage peut être limité, l’espace vert être du gazon semi-sauvage mais fleuri, avec juste les bords des chemins et accès régulièrement tondus comme cela se pratique dans d’autres communes

Notre association s’engage à faire des appels à bénévolat pour participer à son maintien accueillant par des actions de nettoyage régulier, de bras pour une remise en état des pierres ou des travaux de jardins si la commune développe cette politique. Notre association, représentante des habitant premiers concernés, souhaiterait être associée de manière consultative à tout décision ou réflexion d'aménagement de cet espace. Nous espérons de tous vœux échanger sur ces points et ce que nous, nous pouvons faire pour aider, tous ensemble, à l'attrait de ce beau lieu de vie de notre cité.




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