Denis Digel - agir ensemble pour Sélestat
- 13 févr.
- 8 min de lecture
Dernière mise à jour : 1 mars
Quartier Vauban : regards croisés et enjeux locaux à l’issue de l’entretien avec M. Denis Digel et une partie de son équipe. https://denisdigel2026.fr/

Dans le cadre de notre démarche de dialogue avec les candidats aux élections municipales, notre association a rencontré Denis Digel afin d’échanger longuement sur les problématiques propres au quartier Vauban. Nous notons la présence de M. Ries Frédéric, M. Gilbert Klein et M. Renaud Deschamps.
Cet entretien, dense et approfondi, a permis de confronter le vécu quotidien des habitants à la vision et à la méthode proposées par M. Digel. Il a été mis en lumière la complexité d’un quartier à la fois résidentiel, patrimonial, événementiel et fortement traversé.
Loin d’un simple échange formel, la discussion a révélé des attentes fortes, parfois anciennes, et un besoin partagé de cohérence dans l’action publique.
Un quartier central, vivant et multifonctionnel
Le quartier Vauban apparaît avant tout comme un espace de centralité urbaine, concentrant des fonctions multiples : établissements scolaires, équipements sportifs, espaces culturels, espaces verts, accès direct au centre-ville, sans oublier les remparts, élément patrimonial majeur de Sélestat. Cette richesse d’usages en fait un quartier particulièrement vivant, marqué par une grande diversité sociale et générationnelle, traversant par une entrée de la ville et le nombre d’offres au grand public entre éducatif, sportif, culturel et loisirs, accentués dans les périodes événementielles.
Toutefois, cette vitalité constitue également une source de tensions. La superposition des usages — résidents, scolaires, visiteurs, usagers des équipements, automobilistes de passage — génère une pression constante sur l’espace public. L’association souligne ainsi, au regard des retours reçus, que le quartier ne peut plus être pensé uniquement comme un lieu de transit ou d’événements, mais bien comme un lieu de vie à part entière, nécessitant une attention spécifique et continue. La perception passée et que trop souvent l’aspect humain a été négligé face à la dimension technique.
M. Digel reconnaît cette singularité et affirme la nécessité d’aborder le quartier Vauban non comme une juxtaposition de problématiques isolées, mais comme un ensemble cohérent appelant une vision globale d’aménagement et de gestion.
Mobilités et circulation : un déséquilibre manifeste
La question des mobilités s’est imposée comme l’un des thèmes centraux de l’entretien. Le boulevard Vauban, en particulier, cristallise de nombreuses difficultés. L’association expose un espace progressivement transformé en vaste zone de stationnement informel, au détriment des piétons et des cyclistes. L’absence de trottoirs continus, le stationnement des véhicules des deux côtés de la chaussée et les vitesses excessives observées de temps à autres constituent autant de facteurs d’insécurité.
Ces dysfonctionnements affectent en premier lieu les publics les plus vulnérables : enfants, personnes âgées, parents avec poussettes, personnes à mobilité réduite. À cela s’ajoutent les discontinuités des pistes cyclables, notamment à proximité du parking Vauban et de certains carrefours, créant des situations jugées dangereuses, en particulier pour les collégiens et lycéens.
M. Digel ne propose pas de solution arrêtée à ce stade, mais insiste sur la nécessité de mener une réflexion approfondie et concertée. Plusieurs pistes sont évoquées — sens unique, zone de rencontre, réorganisation des entrées et sorties, continuité cyclable — avec l’idée que seule une approche globale, intégrant les flux actuels et futurs, permettra de rétablir un équilibre entre les différents modes de déplacement.
Les remparts et le parc : patrimoine à préserver, espace à requalifier
Nous notons que M. Digel et son équipe n’ont pas attendu notre rencontre pour entraîner une réflexion sur des éléments de notre quartier. Le programme imprimé inclue des approches centrées sur le parc des Remparts et un cheminement doux, d’usage passant de notre quartier. L’entretien a permis de recentrer le dialogue sur le lieu de vie qu’est le quartier et les habitants même, et un autre aspect non abordé : les remparts eux-mêmes. Quant au lieu de vie, notre quartier rentrerait dans la politique plus globale de dialogue avec les habitants que nous développerons dans la partie suivante. Les remparts de Vauban occupent une place singulière dans l’imaginaire collectif des habitants. Lieu de promenade, de rencontres, de souvenirs, ils constituent également un élément fort de l’identité et de l’attractivité touristique de la ville. Sa dimension culturelle et historique reste assez ignorée. À ce titre, leur état et leur mise en valeur suscitent de nombreuses attentes.
Si le potentiel du site est unanimement reconnu, l’accès actuel, notamment depuis le parking Vauban, est jugé peu qualitatif. Containers mal positionnés, cheminements peu lisibles, entretien irrégulier et zones dégradées nuisent à la perception du lieu, tant pour les habitants que pour les visiteurs. Les riverains regrettent l’absence d’une réflexion d’ensemble sur l’entrée des remparts et sur la cohérence paysagère du site. Elle souligne l’exemple des garages vendus récemment qui auraient dû faire partie de la vision globale des remparts.
M. Digel se montre sensible à ces préoccupations et reconnaît la nécessité de requalifier ces espaces, tant sur le plan paysager que fonctionnel. Il évoque la possibilité d’améliorer les accès, de clarifier les cheminements et de mieux articuler patrimoine, usages quotidiens et attractivité touristique, tout en rappelant que ces évolutions doivent s’inscrire dans une programmation réaliste et progressive.
L’association entend des réflexions intéressantes non abordées dans nos commissions notamment sur la création d’u jardin partagé dans l’angle quai d’Albrecht et Boulevard Vauban, à l’exemple du potager collectif 8 place du Vieux Port. Est aussi abordé l’idée d’un fleurissement régulier du boulevard par bacs partagés.
La fête foraine : entre tradition populaire et nuisances durables
La fête foraine : un sujet sensible appelant un dialogue exigeant et équilibré
La question de la fête foraine constitue, de longue date, l’un des sujets les plus sensibles et les plus complexes pour le quartier Vauban. Lors des échanges menés avec l’ensemble des listes candidates, et bien que le déplacement de la fête foraine ne constitue pas une demande formelle portée par notre association, les retours des questionnaires de nos membres nous ont conduits à aborder explicitement cette question, tant elle revient de manière récurrente dans le débat public et dans les préoccupations exprimées par les habitants.
Interrogé sur l’éventualité d’un déplacement de la fête foraine, M. Denis Digel a exprimé une position mesurée et réservée. Se définissant lui-même comme “forain” au sens de marchand présent sur les marchés, il a souligné l’ancrage historique, culturel et symbolique de cet événement dans la vie sélestadienne, ainsi que son rôle dans l’attractivité et l’identité populaire de la ville. Nous percevons que cette approche est également nourrie d’une dimension personnelle et affective, le candidat évoquant l’histoire de sa propre famille et son lien ancien avec cet usage festif de l’espace public. Dans le même temps, il a reconnu sans ambiguïté les difficultés réelles rencontrées par les riverains et la légitimité de leurs préoccupations.
L'association rappelle avec constance que la fête foraine, dans sa configuration actuelle, impacte directement et durablement le quotidien des habitants directement concernés. Ils évoquent un historique marqué par de fortes tensions, liées notamment à des nuisances sonores importantes — avec des pics mesurés atteignant 86 décibels —, à des perturbations de la circulation, à une occupation extensive de l’espace public et à certains comportements observés lors des périodes de forte affluence. Des usages inappropriés, notamment aux abords des remparts (urinoirs et défécation dans l’espace public), sont également rappelés, contribuant à un sentiment de dégradation du cadre de vie. L'association souligne par ailleurs les conséquences de ces nuisances sur la santé et la qualité de vie, en particulier pour les personnes travaillant tôt le matin.
Face à une approche pouvant apparaître prioritairement centrée sur l’usage événementiel et festif de l’espace, il nous a semblé essentiel, au cours de cet entretien, de réaffirmer la nécessité de replacer l’humain, les habitants et la vie quotidienne du quartier au cœur du dialogue et des décisions publiques.
À cet égard, M. Denis Digel s’est montré attentif et ouvert à l’écoute. La proposition centrale qu’il a formulée repose sur une méthode de dialogue structuré et institutionnalisé : l’instauration systématique d’une réunion de préparation en amont de la fête foraine, suivie éventuellement d’une réunion de bilan à son issue. Ces temps d’échange associeraient l’ensemble des acteurs concernés — forains, services municipaux, forces de l’ordre, représentants des habitants — et seraient encadrés par la municipalité dans leur organisation et leur déroulement. L’objectif affiché est d’améliorer de manière concrète l’encadrement de l’événement, notamment en matière de sécurité, de niveau sonore, d’horaires, de circulation et de gestion des déchets.
L’association accueille cette proposition avec bienveillance, rappelant que la recherche du dialogue a toujours constitué le socle de sa démarche, même lorsque ces échanges ont dû, par le passé, être initiés à sa seule initiative. L’idée d’inscrire ces réunions dans un cadre annuel formalisé et reconnu comme un temps institutionnel, programmé et de concertation est perçue comme une avancée significative. L’association sait pouvoir avoir une qualité de dialogue avec certains représentants des forains.
L’entretien a également permis de rappeler les attentes de l’association, notamment sur la nécessité de limiter strictement l’emprise de la fête foraine au périmètre du parking Vauban, ainsi que de pérenniser certains aménagements et ajustements ayant fait leurs preuves à la suite de la première réunion organisée avec la municipalité et les représentants des forains. Ces éléments constituent, à nos yeux, des préalables indispensables à toute amélioration durable de la cohabitation entre événement festif et cadre de vie résidentiel.
Dialogue avec les habitants : une attente de reconnaissance et de continuité
Au fil de l’entretien, les représentants du quartier ont exprimé un sentiment récurrent : celui d’un dialogue longtemps insuffisant avec la municipalité. La création et l’investissement de l’association de quartier répondent précisément à ce manque de reconnaissance et à l’absence de suivi perçue dans le traitement des problématiques locales.
En réponse, M. Digel développe une approche fondée sur la proximité politique. Il propose une organisation de la ville par quartiers, avec des élus référents clairement identifiés, capables de relayer les préoccupations des habitants et d’interagir directement avec les services municipaux. Cette méthode vise à réduire les délais, à clarifier les responsabilités et à garantir une meilleure continuité dans les réponses apportées.
Sécurité et tranquillité publique : un enjeu transversal
Enfin, la question de la sécurité et de la tranquillité publique traverse l’ensemble des thématiques abordées. Vols et dégradations de véhicules sur le parking, incivilités, zones sombres, problèmes de propreté et sentiment d’abandon de certains espaces contribuent à un malaise exprimé de longue date par les habitants.
Les échanges mettent en évidence la nécessité d’une réponse globale, combinant aménagement urbain (éclairage, cheminements, lisibilité des espaces), organisation des services (entretien, propreté), présence humaine et, le cas échéant, recours ciblé à la vidéoprotection. M. Digel se déclare ouvert à ces leviers, soulignant que la tranquillité publique ne peut être assurée par un seul outil, mais par une action cohérente et coordonnée.
Conclusion
Cet entretien a permis d’établir un état des lieux à la fois précis, argumenté et nuancé du quartier Vauban. Il met en évidence non seulement le potentiel considérable de ce secteur stratégique de la ville, mais également les fragilités accumulées au fil des années, liées à l’intensification des usages et à l’évolution parfois insuffisamment anticipée de l’espace public. Surtout, il rappelle avec force que le quartier Vauban est avant tout un lieu de vie, habité par des familles, marqué par une diversité sociale et culturelle riche, et porteur d’un quotidien qui ne saurait être relégué au second plan d'un quartier lieu de passage.
L’ensemble des habitantes et habitants de Sélestat connaît le quartier Vauban dans sa dimension passante et structurante, tant l’offre de services ouverts au public — équipements sportifs, établissements scolaires, espaces culturels, piscine, étang, parcs, remparts — y est dense et attractive. Cette concentration d’activités contribue largement au rayonnement du quartier, mais renforce également la responsabilité collective de préserver un équilibre entre attractivité, usages publics et qualité de vie résidentielle.
Le dialogue engagé avec Denis Digel a ainsi permis de mettre en lumière cette diversité d’usages et de populations en faisant émerger une convergence sur plusieurs enjeux essentiels. Parmi ceux-ci figurent la nécessité d’élaborer une vision globale et cohérente pour le quartier, l’urgence d’agir sur les questions de mobilités et de sécurité, ainsi que l’importance de construire un dialogue structuré, respectueux et durable avec les habitants. À travers ces échanges s’est dégagés une conviction que nous avons perçu comme commune : le quartier Vauban ne peut être réduit à un simple espace de transit ou de passage, mais doit être reconnu et traité comme un quartier de vie à part entière, au cœur du projet urbain et humain de Sélestat



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